Il y a un endroit…

Il y a un endroit dans le désert rempli de routes non goudronnées. Si on a un véhicule 4×4, de l’eau, de la nourriture et du matériel de secours, on peut oser s’y aventurer. Après des kilomètres et kilomètres de désertitude, parfois entrecoupés par la vue d’un ranch ou le passage de barrières anti-vaches, on commence enfin à apercevoir le résultat de million d’années d’érosion fluviatile : un canyon formé de grandes marches descendant vers l’inconnu. Ça et là sur le plateau, on observe des collines en forme de mini volcan et comme de grandes coulées de roches noires recouvrant à moitié les marches du canyon, derniers témoins d’un temps ancien mouvementé lorsqu’il régnait ici une intense activité volcanique il y a seulement quelques dizaines de millions d’années.

Il fut un temps où ce lieu hostile était plus peuplé, voici une école du passé
Roches sédimentaires et coulées de lave

On peut alors s’en tenir à ces vues magnifiques, ce paysage de canyons et de grands plateaux parsemé de plantes désertiques dont on ne connaît le nom. On peut ici profiter ici d’un lever ou d’un coucher de soleil ou même d’une nuitée sous les étoiles. Ici, on a le paysage rien que pour nous, personne dans les kilomètres à la ronde. Il ici règne un calme à entendre bourdonner ses acouphènes. Rien qu’en venant ici, on aura pu profiter d’une denrée qui est rare de nos jours : la « wilderness » à l’état pur.

Lever de soleil ou lever de lune?
C’était le lever de pleine lune, qui commence lentement à illuminer le canyon
Emplacement de camping idéal…

Mais si on veut savoir ce qu’il se trouve au fond de ce canyon, où les coulées de lave vont, et ce qu’il se trouve derrière la prochaine colline, on peut aussi poursuivre notre chemin, perdant de vue ces canyons pour s’enfoncer davantage dans le désert et l’inconnu. La route n’est pas toujours facile et on se demande parfois si on va rester coincés, le véhicule n’étant pas vraiment fait pour ce genre de route, mais il tient bon.

Parfois, comme de bons ricains, on peut rouler jusqu’à très près du bord…

Après des heures passées sans voire âme qui vive, un choc : on aperçoit une bande de terre formant un aérodrome, avec non loin de là un ranch touristique. Quelle vision bizarre de voir tout ça au milieu de nulle part. C’est ici pourtant que des touristes plus fortunés et moins aventureux peuvent se faire déposer en avion, d’où ils peuvent ensuite enfourcher un cheval ou grimper dans un hélicoptère pour découvrir les environs. Trop facile. Aurait-on dû s’en tenir aux vues magnifiques de toute à l’heure et ne pas tenter d’en voir plus, se retrouvant maintenant dans un lieu plus fréquenté ? D’autant plus qu’après le ranch, la route devient plus traître, descendant maintenant dans l’une de ces immenses coulées de lave, les roches volcaniques pointues n’attendant que de crever les pneus du véhicule.

Un avion au milieu de rien
La route avant qu’elle devienne traître

Mais on continue, puisqu’en est venus jusqu’ici, autant aller jusqu’au bout de la route. Les roches volcaniques créent leur propre écosystème et on y trouve un paysage fantaisiste, avec d’énormes cactus parfois plus grands qu’une personne parsemés ça et là, ressemblant à des personnages figés dans le temps.

Et puis soudain, voilà la route qui fait une petite boucle, nous indiquant qu’on ne peut continuer plus loin. Depuis là, on voit la rivière au fond du canyon, 300m plus bas. Si l’on veut rejoindre la rivière, il faudra maintenant arrêter d’être des ricains flemmards et il faudra continuer à pied. Une descente qui en vaut grandement la peine d’ailleurs, là où roches volcaniques et roches sédimentaires se mêlent, et d’où l’on peut observer un mur réellement bizarre rempli d’orgues basaltiques. Finalement, après avoir traversé un champ de cactus, nous voilà enfin parvenus aux eaux boueuses de la rivière Colorado dont on profite de la fraîcheur, avant de remonter au véhicule pour retracer lentement notre route en sens inverse…

La rivière Colorado en contrebas
Vue bizarre de la coulée de lave
Orgues basaltiques!
Derniers obstacles avant la rivière…

Maintenant il est temps de retourner à la réalité, de retrouver les tracas de la vie quotidienne. Mais après cette aventure dans cet endroit magique, on fait désormais partie des rares personnes qui peuvent dire qu’on est descendus en voiture dans le Grand Canyon.

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